Les muralistes

Même si l’appel à participation aux Bâtisseur.es ne proposait pas de murale cette année, Maxime Prévost, Alice Demée, Augustin de Beaudinière et leurs équipes ont créer des projets mettant de l’avant l’illustration dans le canevas vierge qu’était alors le chantier du Village.

Maxime: « Exposer le graphisme et l’illustration dans l’espace public aide à créer des échanges et des réactions, le potentiel de partage est décuplé. Un lieu sert à créer un univers et à ouvrir des portes à des conversations. Par exemple, pour le bar, l’illustration qui représente à la fois un personnage et une bâtisse crée une intrigue. Le bar devient un lieu ludique, pas juste un comptoir à bière. »

Augustin: « Le but de l’installation est d’interagir, d’avoir une lignée de design et de signalétique, pas simplement d’être décoratif. »

Alice: « Dans l’espace public, mes illustrations habillent un espace qui, sans doute, existerait malgré tout sans. Cette année, elles contribuent à l’image du Village douce et participative du Village comme mes deux femmes qui voguent dans un marais. »

 Photo: Steven Porotto

Photo: Steven Porotto

Créateurs de la murale lenticulaire, des moodchairs et de quelques fresques au Village, les trois muralistes ont travaillé jour (et parfois nuit) pour développer, construire et égayer des installations qui, une fois au Village, prennent encore plus de sens.

« Quand on crée, on s’imagine que nos constructions seront seules, comme on ne sait pas ce que font les autres. Ma station fait partie d’un tout. Pendant la construction, on se concentre sur notre projet, qui ne suffit pas à lui même, mais au final c’est un ensemble: une installation de plus, mais qui fonctionne comme un tout. »

Selon eux, « ce qui fait le succès de cette méthode, c’est que chacun apporte son expertise. L’unité des couleurs, malgré les styles de dessin différents, fait en sorte que ce soit beau. »

Ils ne le cachent pas, le processus fut parsemé d'embûches. De la météo aux outils en passant par la fatigue, Maxime souligne toutefois: « Quand je suis revenu sur le site, je suis fier de voir les choses terminées. Les hauts et les bas ne représentent rien si le produit est là et que les gens en profitent. »

 Photo: Jean-Michael Seminaro

Photo: Jean-Michael Seminaro

« On a appris entre nous, mais des autres aussi. Il y avait des échanges entre bâtisseur.es qui créaient une solidarité unique et imprévue: on est tous dans le même bateau, malgré les différences entre les projets et les expertises de chacun. Une fois sur le site, l’intuition prend le dessus sur la réflexion et ça crée des chimies momentanées et sans précédent. »

Lors de votre prochaine visite, prenez le temps de regarder de près ces oeuvres et comment elles modifient non seulement le paysage, mais également l’expérience vécue sur le site.

« À l’échelle personnelle, le projet représente un laboratoire. Ça fait longtemps que je m’intéresse à la relation de l’illustration avec l’espace et comment les gens les font interagir. Mes coéquipiers ont été stimulés par cette direction. La chaise a été un outil très efficace: les gens s’amusent en les utilisant, c’est donc de l’illustration qui vit dans un espace, tout dépendamment si elles sont utilisées ou non. Elles ont une nouvelle vie lorsqu’on s’assied dessus. » -Maxime

 Photo: Cannelle Wiechert

Photo: Cannelle Wiechert