Jean-Catastrophe

 Photo: Cannelle Wiechert

Photo: Cannelle Wiechert

Tout commence par une histoire, celle d’oiseaux moqueurs et de villageois vengeurs et où la résolution de conflit implique des piñatas.

Avec sa résidence artistique « Pour emporter », Jean-Catastrophe souhaite explorer. Sa seule limite: le papier, celui avec lequel on s’essuie les mains, celui pour éponger la confiture au coin de la bouche, celui qu’on mouille ou qu’on essore, celui qu’on remplit et celui qu’on vide…

« Si j’avais voulu faire que des portraits, ou que de la narration, ça m’aurait bloqué. J’explore les matières non-réutilisables et celles qu’on prend pour emporter, mais je me laisse toute la liberté pour ce qui est du sujet. »

Jean-Catastrophe n’avait jamais fait de piñata ni fait de lithographie, et pourtant, le fruit de ses découvertes artistiques reposent dans la Galerie, près à être ramené chez soi par qui le voudra bien. Cette lancée dans l’inconnu et l’exposition du processus plutôt que d’une finalité ne lui font pas peur, l’important pour Jean-Catastrophe, c’est le fun.

« Je passe ma journée à faire des dessins et je ne les revois jamais. Je ne sais pas ce que les gens vont faire avec, il faut leur faire confiance. Je ne veux pas non plus qu’ils arrivent chez eux et qu’ils les encadrent. Simplement le montrer à deux amis, qu’ils trouvent ça drôle et qu’ils le jettent. C’est comme une facture que tu gardes dans tes poches, et que tu ne veux pas jeter, au cas où. Peut-être que les dessins vont trainer à quelque part, au cas où. »

Le dessin est habituellement une activité solitaire. Afficher ses démarches et être au coeur d’un milieu vivifiant comme le Village lui permettent de rencontrer les gens qui sont pour lui sa première source d’inspiration, une source inépuisable puisque leurs paroles ne cessent de le surprendre et de le faire rire, et ce n’est pas quelque chose qu’on retrouve seul, chez soi. À travers les villageoi.es eux-même jusqu’aux objets perdus qu’on retrouve sur le site, Jean-Catastrophe trouve de la poésie, de l’inspiration et une discipline: « Ça m’oblige à travailler et à remettre en question ma pratique et mon style. »

 Photo: Cannelle Wiechert

Photo: Cannelle Wiechert

« C’est important de faire rire, pour dédramatiser ce que je fais. Des fois, ça devient tellement triste. Je n’aime pas me prendre au sérieux. Mon style de dessin n’est pas grand public, mais la palette de couleurs que j’utilise et les sujets oui. J’aime quand c’est grossier, jaune, vert, bleu, rouge et qu’il n’y existe aucune subtilité. »

Ça finit dans la destruction des piñatas: des oiseaux et une vache. « On les détruit, même si on hait pas les animaux. Oui c’est violent de fesser, mais ça apporte du beau et du festif. On les a construit ensemble, et on va les détruire ensemble. C’est plus amusant de les détruire que d’avoir la récompense qui s’y trouvent. Dans mon cas, ça pourrait être les objets perdus..»

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