BEAUD l'artisan

 Photo:  Steven Porotto

Photo:  Steven Porotto

Avec sa barbe, son chien, sa machine à coudre et ses bas dans ses sandales, Beaud ne passe pas inaperçu.

Seul dans son atelier, il « trouvait ça long en tabarnak ». Le désir de Beaud de se rapprocher des gens l’a mené à créer Bōd puis L’appartelier, une machine à coudre ambulante pesant environ 200 livres avec laquelle il déambulait à travers Montréal. L’entreprise lui a d’abord permis de s’acheter une slush puppie. Aujourd’hui, avec ses portes-clés et ses connaissances, sa mission est de créer et de transmettre sa passion à ceux qu’il croise.

Se raffinant avec le temps, au fil de ses rencontres et de ses projets, le couturier de rue troque cet été son triporteur pour un atelier-habitacle.

« Pour être créatif, tu dois imprégner un endroit. Moi, je dois me sentir bien quelque part. Si je me sens pas bien quelque part, je veux pas faire mes shits : ma roulotte, c’est ça. »

 

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« Me rapprocher des gens, c’est ça ma job. Je suis poche en réseaux sociaux, j’hais ça. En personne, tu es certain de rejoindre le monde. L’été, les gens sont moins sur leur téléphone cellulaire, c’est l’fun. La roulotte attire l’attention. Si tu veux que quelqu’un connaisse ton brand, il faut qu’il sache que t’existes. J’ai le mind set que tout doit être dope pour avoir la reconnaissance des autres. Ça, selon moi, on l’a au village ! »

C’est lors d’un atelier de couture en 2017 qu’il découvre le Village et les possibilités d’expérimentation qui y regorgent. Nomade moderne, Beaud a des rêves, des idées, des projets d’envergure qui sont loin d’être fantasies. D’abord amoureux du cuir, celui qui ne se définit pas comme un artisan bifurque de la maroquinerie, le temps de construire son nouveau chez soi.

« Je suis un couturier, mais là je suis charpentier, pi j’travaille la tôle, pi j’pose des fenêtres. Je me rends compte que j’ai fait plein d’erreurs, mais c’pas grave.»

Créateur de l’initiative de l’atelier du Village, Beaud veut donner de son temps pour transmettre sa passion et son expertise à qui le veut bien. Il souhaite s’entourer d’autres énergumènes de l’industrie pour ensemble briser les carcans du design et de l’artisanat. Le savoir-faire québécois se retrouve selon lui ailleurs qu’au Salon des métiers d’arts.

« Je me donne encore 10 ans avant que le monde se dise ok lui il fait ça. Le statut d’artisan est difficile à avoir: je me considère pas là, mais ça commence ! Je suis peut-être une classe à part en tant qu’humain, mais je ne suis pas le premier gars qui habite dans une roulotte pi qui fait de [la couture de rue]. »

Que ce soit dans sa roulotte GOLD ou à l’atelier du Village, pour un trou dans ton sac ou juste pour dire coucou, n’hésite pas il mort pas (trop fort).