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LE COLLECTIF

On travaille tous les trois au même bureau, et c’est Gil qui a proposé qu’on participe au concours. On fait des projets qui sont quand même spéciaux… On est un collectif temporaire, momentané pour le Village. Après on verra.

L’année passée, on avait des amis qui étaient dans le domaine de l’architecture qui avaient participé, pis on avait trouvé que l’expérience avait été gagnante. On est presque tous architectes, mais Jean-Gilles est aussi un marin… ça explique beaucoup de choses !

En fait, c’est pas un bateau, c’est une estrade. On voulait faire une estrade où les gens étaient ensemble, où il y vaait un face à face mais qui était pas akward. Mais c’est devenu un bateau !

Ici, on est au Pied-du-Courant. Le Pied-du-Courant, ça va du pont Jacques-Quartier qui va jusque dépassé le Vieux-Port. Parce que le fleuve Saint-Laurent rétrécit à cause de l’Île Sainte-Hélène, ça crée un courant, le Pied-du-Courant. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les bateaux à voile naviguaient pas à remonter le fleuve. Tous les bateaux s’arrêtaient ici. Donc c’était un lieu naturel d’arrivée à Montréal. Cartier est arrivé ici, Champlain, tout le monde ! Donc en comprenant le site, on s’est dit qu’on pourrait rendre hommage à ce lieu-là, faire un lieu de rassemblement comme une estrade, mais qui évoquait l’idée d’un bateau.

Vu que c’est un Village, on s’est dit que le bateau pouvait servir comme une arrivée au Village, on vient s’accoster au quai…. le boardwalk, c’est comme le quai, la plage, ben c’est aussi l’eau, le fleuve… et là on peut pénétrer dans la cale du bateau par la passerelle et c’est là que tu peux être en dehors de la ville, en dehors du village et quand tu reviens, tu fais l’inverse, tu repasses la passrelle.

Par rapport à notre expérience de l’année passée, on trouvait que sur le village il manquait un lieu de contemplation parce que le site est exceptionnel avec le pont, avec l’Île Sainte-Hélène, pis on voulait pouvoir offrir cet espèce d’oasis de repos pour décanter de la fête, prendre sa bière pis regarder l’eau, pis après revenir dans le fond dans le Village. C’est pas juste symbolique, c’est vraiment tu vas là tu décantes, pis quand tu reviens dans le party ben t’arrives par l,eau si on veut, t’arrives du bateau pis ça change ton expérience.

Quand on a commencé à travailler sur le projet aussi on s’est rencontrés pis tout le monde a apporté de ses expériences passées des idées, des projets antérieurs, des intérêts, tout ça et on a un peu mis ça dans le blender et ça a donné un très beau mélange de nos expériences propres, pis ça a donné le projet qu’on voit là aujourd’hui.

 

LA CHARRETTE DE CRÉATION

Ça a très bien été, c’était très intense. Pour nous, le temps était tellement serré que quand on a appris qu’on faisait partie des équipes sélectionnées, on a eu une réunion quelques jours après pour avoir une idée et ça a rapidement été cerné, Dès la charette, quelques esquisses, quelques mots, une maquette en carton pis on regarde la maquette et aujourd’hui et c’est presque pareil. C’est extrêmement linéaire. Une fois que c’était décidé on a développé, on a agrandi le concept et on l’a construit. Je pense qu’un de nos soucis c’était de donner aux organisateurs, aux visiteurs, aux gens du Village, à tout le monde un projet à la hauteur de l’envergure du projet : donc un projet qui est capable d’accueillir beaucoup de monde, quelque chose qui est capable d’avoir une présence qui se démarque… De cette façon-là, on s’est vite concentrés à rendre réalisable notre projet. Parce qu’on avait l’idée, on avait les objectifs, mais il fallait que ça soit construisible dans un temps donné avec un budget donné etc

En fait on avait une obligation de le faire, de passer de la maquette à la réalité en quelques jours et ça a été très rapide, très intense. Pour la construction, c’était très demandant, des amis sont venus…

On pensait jamais qu’il y aurait… j’ai entendu qu’il y avait des foules dans les filets, tout ça… ils ont abusé de quatre à cinq fois ce qu,on pensait qu’il aurait eu comme usage. Une chance que c’était pas un bateau dans l’eau, mettons, parce qu’il aurait coulé ! Ça a été plus populaire qu’on pensait, mettons. À chaque fois que je suis venu, il y avait une atmosphère plus cool, plus relax dans le bateau, mais ça empêchait pas qu’il y avait énormément de monde, on était incapables de marcher sur le boardwalk, énormément de monde dans les filets : des chiens, des bébés… Je pense que les gens aiment les hamacs. Ils aiment ça être très serrés les uns contre les autres : y,a quelque chose de très intime là-dedans. Mais c’est solide ! La structure ne va pas bouger.

Le jour de l’ouverture, à cinq heures moins cinq, y’avait pas de deck sur la structure, Simon, Jean-Gilles, moi pis nos helpers on a travaillé comme des fous ! À la fin, j’arrivais même pas à prendre ma perceuse tellement j’étais épuisée…. Le public rentrait, on était tout crottés, brûlés par le soleil…. C’était complètement épique. À cinq heures les organisateurs étaient comme “Ok, c’est fini, rangez vos choses, là” et nous on disait “Non ! On veut finir, on veut que tout soit parfait !”.

À cinq heures et dix y’a quelqu’un qui est rentré, qui s’est installé dans le hamac, qui a mis son chapeau sur sa face pis qui a fait une sieste pis ça c’était un bon signe, comme un baume sur nos coups de soleil, ça a marché.

 

LES PROJETS FUTURS

Au final, c’est un bateau, il pourrait voyager d’une certaine façon…. Tout est démontable. c’est un peu une carcasse de baleine aussi… c’est plein de choses. On est des gens qui sont comme Work Hard, Play Hard. Arrive un moment où on a envie de s’investir dans des projets plus flyés. C’est très impulsif. On le sait pas d’avance. C’est sûr que si il y a une édition 2016, on aimerait embarquer dans le projet !

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