Le retour du perroquet

LE COLLECTIF

On s’est connus tous les trois dans l’ancienne agence où on travaillait, MO, et en fait on s’est dit qu’on allait travailler sur une chaise. Et c’est là que ça a commencé. MO, c’est une entreprise où on faisait beaucoup de conception, de dessin et de fabrication. Après avoir quitté l’agence, on a travaillé dans des bureaux qu’on aimait pas vraiment, alors on a un peu créé l'identité du collectif pour garder cet aspect-là de conceptualiser en même temps de fabriquer. On travaille tous les trois aux projets, c’est très complémentaire. Frédéric apporte le côté plus technique, l’acier, tout ça, puisqu’il est soudeur. Florence et moi (Vincent), on a plus une formation similaire en design industriel et design intérieur.

Le perroquet, à l’origine, c’est un outil qui permettait de dessiner des courbes. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui ne sert plus du tout parce qu’avec le numérique, on en a plus vraiment besoin. Comme on travaille surtout en atelier, sur la matière, l’idée, c’est de revenir à quelque chose de plus manuel. C’est ça, le retour du perroquet.

L’idée du collectif, c’était vraiment de le prendre comme un laboratoire d’idées pour des projets. On veut vraiment partir sur une idée et travailler des matériaux… On essaie vraiment de s’ouvrir. On a commencé à travailler le bois, plexiglas, la corde… L’acier, au début, à cause de Frédéric. On est très curieux !

 

LE VILLAGE

À la base, on avait un projet de camera obscura et on cherchait un prétexte pour le faire. Le vendredi juste avant la remise des appels de dossiers, j’ai vu le truc passer sur Facebook. J’avais pas trop compris ce que c’était… Je connaissais le Village, mais en lisant je me suis vraiment dit “Mais c’est pour nous !”. J’ai appelé Vincent, j’ai appelé Fred, et c’était comme “Go, on y va !”. Tout s’est fait en deux heures. Finalement, le résultat, c’est complètement autre chose que la camera obscura !

Pendant la charette, ils nous ont donné un thème et des mots-clés. Du coup, on a travaillé durant la soirée et la journée sur le projet, puis finalement, au fil des heures, on avait le principe. On a vite réalisé que l’installation qu’on voulait faire au départ, ben, ça marchait pas !

On est partis sur une signalisation. Ils nous ont dit : vous mettez ça en haut des trois conteneurs, j’ai fait “Ok, ça fait du sens”.

Puisque les containers en soi étaient livrés une semaine d’avance, il fallait livrer l’installation une semaine avant tout le monde pour être prêts pour l’ouverture. On a terminé la charette le samedi soir et on devait livrer le mardi de la semaine suivante ! Ça a été assez fast track ! On faisait les dessins techniques en parallèle avec l’ingénieur, on construisait tout de suite, fallait vraiment que ça se fasse rapidement. Ça a été beaucoup de travail, une semaine assez intense. On a bien rigolé. C’était un gros défi structurel, mais je pense qu’on y a bien réalisé ça, on est bien contents.

À l’origine, on voulait vraiment faire un drapeau imaginaire qui dit aux gens de loin qu’il y a quelque chose qui se passe ici, quelque chose qui est pas habituel, comme un drapeau qui invite à venir… Comme le Village, c’est un endroit où il y a beaucoup de gens, on voulait jouer sur le côté fête foraine. On a travaillé sur des girouettes en plastique, mais comme il y avait trop de vent et qu’on avait un délai super court, on a pas eu le temps de peaufiner notre système, de sorte que le vent était tellement fort, on a réalisé que c’était vraiment dangereux !

L’idée, c’était un peu comme l’oeil de Sauron : toute la journée, tu vois ces pastilles orange. On était partis de l’idée du cadran solaire, une forme d’animation low tech. Comme ça, quand c’est plus tranquille au Village, il y a toujours un mouvement qui se crée. On l’a toujours avec les drapeaux, cette idée-là, mais c’est certain que c’est un peu plus low key. On a remplacé les girouettes par deux drapeaux de bateau qui veulent dire Homme à la mer et SOS !

Ce qui est intéressant cette année, c’est d’avoir tous les collectifs de designers à la même place en même temps, c’est plus pratique pour se donner un rôle. C’est sûr que ça a influencé notre travail, parce qu’on essaie d’avoir une certaine unité, une certaine cohérence… 

LES PROJETS FUTURS

La chaise on la sort fin septembre ! Ça fait deux ans qu’on travaille dessus parce que c’est un système d’assemblage assez particulier. Il y a beaucoup de contraintes et ça nous a pris quand même du temps pour la mettre au point. On espère la présenter dans quelques magasins, mais il faut l’avoir en main pour aller la montrer… On a des stratégies, mais bon, on veut éviter de passer par les circuits traditionnels. À date, les retours sont très bons. Sinon, on fait la boutique pour la Montréalaise atelier. On a fait le camion-boutique l’an dernier, puis là on fait l’intérieur. Mais on ne donne aucun détail !

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