Atelier MAP

LE COLLECTIF

En fait on s’est tous rencontrés à l’école, à l’Université de Montréal, et moi et Gabriel on a fait les mêmes études : un baccalauréat en architecture de paysage. En deuxième année, on a commencé à faire des petits concours un peu comme celui du Village : des installations, des concours visuels aussi… Au début, on était 5, finalement on est nous trois.

Notre philosophie de création a beaucoup évolué depuis 2010. À la base, on cherchait vraiment à essayer de prendre ce que les profs nous apprenaient et de brasser le tout, déconstruire les idées : on a déjà essayé de mettre des rues sur des toits dans des concours, des trucs comme ça !

Finalement, on s’est découvert une certaine signature où on aime vraiment mixer le design urbain, l’architecture et le paysage. Souvent, tu pars de l’urbain pour faire le bâtiment et son contour, mais vu qu’on est pas mal multidisciplinaires, on essaie vraiment de se dire “Est-ce qu’on peut partir du paysage qui va créer un bâtiment ?”. On essaie d’expérimenter à travers les installations, faire quelque chose qui fait que t’es pas certain si ça vient du paysagiste ou de l’architecte, quelque chose qui est moins construit typiquement comme un building.

L’idée c’est d’essayer de tout confondre dans la structure, que ce soit le mur, le banc, le garde-corps, les escaliers ; tout devient un tout, c’est plus des éléments séparés, c’est vraiment un bloc ensemble, c’est ça qu’on essaie de faire avec nos connaissances qui viennent de plusieurs bagages parce qu’en réalité JP et moi on est architectes paysagistes, mais JP est aussi designer urbain, Carlo a commencé en paysage mais il est rendu architecte, pis euh, c’est ça tsé on essaie vraiment de mixer tous les bagages… Ça complète un peu le tronc.

Pour l’instant, c’est le bois qu’on travaille parce que c’était le matériau qui était donné avec le budget qui était donné. Là on est sur le bois, c’est sûr que ça évolue : on a déjà travaillé avec du tape pis de la bâche ! Vu que c’est un atelier qui est comme notre sideline pendant le temps de études ou du travail, on essaie vraiment de l’utiliser comme une espace d’exploration. Ça se peut qu’entre deux ou trois projets on voie une certaine corrélation, justement comme le bois  ajouré, c’est un truc qu’on avait déjà utilisé ailleurs, mais on a changé notre façon de le travailler pour pousser jusqu’au bout notre exploration. Tsé, peut-être qu’un jour on va se tourner vers le métal pour continuer nos explorations !

 

LE VILLAGE

En fait on a participé la première fois l’an passé. C’était un peu un début pour nous dans le sens qu’on se retrouvait pour la première fois ensemble après toutes nos expériences en Europe. On s’était un peu séparés justement à cause de nos voyages et on s’est tous retrouvés au Village.

La première année, le Village Éphémère, ça se passait au bassin Peel. On avait lu des articles pis on s’était dits  : “Ah, si ils le refont cette année, ça serait vraiment le fun de participer !” On a participé l’année passée et on a vraiment beaucoup aimé l’expérience même si il est arrivé quelques petits pépins. En fait, notre structure est partie en feu ! On a été victimes d’un pyromane !

Y’a quelque chose de vraiment le fun dans l’idée de prendre un espace pis de le transformer pendant deux-trois mois. C’est pour ça qu’on a participer sans hésiter cette année. Je trouve que la Pépinière ont vraiment fait un bel exercice cette année malgré la contrainte de temps. C’était assez impressionnant et tout a vraiment bien fonctionné. Il y avait quand même ce lousse créatif qui nous laissaient et on avançait bien.

Cette année, il y avait un espèce d’esprit d’équipe… La construction était vraiment condensée, mais c’était aussi vraiment condensé dans le design. C’était vraiment intéressant de voir tout le monde aller.

 

La co-création avec le collectif L’ESPÈCE

Oui, c’est une co-création. Moi je connaissais déjà Karl, qui fait partie du collectif L’ESPÈCE, j’avais déjà gagné un Parking Day avec lui. On s’entraide déjà dans nos installations : si par exemple lui a besoin d’un coup de main, et vice-versa.

Nous on leur a dit  “On veut faire quelque chose qui va monter vers vous. Êtes-vous toujours intéressés à faire quelque chose sur un container ?” Ils ont dit oui alors on s’est juste arrangés pour que ça s’arrime bien. Comme on a pas dessiné ensemble, le résultat que les gens confondent les deux structures, c’est super cool ! Pourtant, c’est deux installations complètement différentes ! Ça se voit dans les détails : leur bois c’est du bois de grange, le nôtre du bois de construction… Mais finalement à cause des angles qu’on a choisi, ça fonctionne bien.

 

LES PROJETS FUTURS

On le sait pas tant que ça parce que Gabriel s’en va pendant trois ans ! On va peut-être essayer de faire fonctionner ça à distance, de se tourner plus vers le concours d’idées que l’installation, On a commencé avec ça pis on a eu du succès là-dedans, alors on va peut-être plus se retourner vers ça pour les prochaines annnées.

Mais quand Gab revient, on aimerait peut-être travailler encore un an ou deux séparément puis après quand on aura cherché personnellement toute l’expérience qu’on voudrait avoir, ben après ben on pourrait se lancer à trois.


Bientôt, on va faire une installation pour un concours dans Saint-Henri, sur la rue Notre-Dame, une charette multimédia de 72 heures où il y a un appel de design, vraie charette, typique. En fait, c’est quelque chose qui veut beaucoup interpeller les citoyens au pourtour du site de la charette. La ville veut amorcer une réflexion parce qu’ils vont changer tous les égouts qui sont vieux de plus de cent ans : donc après c’est qu’est-ce qu’on fait une fois que tout est refermé ? C’est un incubateur urbain. L’installation cherche vraiment à mettre en valeur des espaces qui sont réappropriables pis mettre le citoyen au courant qu’il se passe quelque chose et voir ce que lui voudrait voir.
 


Suivez Atelier MAP sur Facebook !